
Un livre peut-il être couronné quand une intelligence artificielle a tenu la plume à parts égales avec son auteur ? C’est la question que pose le Prix Pascal, un nouveau concours littéraire francophone qui s’apprête à ouvrir ses candidatures. Révélé à la mi-octobre par le chercheur Alexandre Gefen, directeur de recherche au CNRS, ce prix est le premier à récompenser officiellement des manuscrits coécrits avec l’IA, à une période où la rentrée littéraire bat encore son plein avant la grande semaine des prix de novembre.
Le principe tranche avec les usages du monde de l’édition, où l’intelligence artificielle reste le plus souvent un sujet de débat plutôt qu’un outil revendiqué. Ici, elle devient une condition de participation : pas de manuscrit sans IA déclarée.
Qu’est-ce que le Prix Pascal ?
Le Prix Pascal cible des textes inédits en langue française, d’une longueur comprise entre 10 000 et 50 000 mots, écrits avec l’assistance d’un modèle de langage. Aucun éditeur n’est requis pour candidater : l’auteur ou l’autrice dépose directement son manuscrit. Le concours est ouvert à l’ensemble de la francophonie, et pas seulement aux auteurs résidant en France.
Fait notable, le règlement n’impose aucun modèle d’IA en particulier : ChatGPT, Claude, Gemini, Mistral ou LLaMA sont tous acceptés, à condition que le candidat déclare précisément l’outil utilisé. Cette transparence sur l’outil est au cœur du projet, qui cherche moins à récompenser une performance technique qu’un texte utile, capable d’éclairer ou d’aider à résoudre un enjeu écologique, social ou éthique.
Calendrier et modalités de candidature
Les candidatures s’ouvrent le 20 octobre 2026 et resteront possibles jusqu’à la fin du mois de novembre. Le jury rendra son verdict début décembre, et la lauréate ou le lauréat verra son manuscrit publié à cette occasion. Ce tempo serré, calé sur la saison des grands prix littéraires traditionnels, place le Prix Pascal dans le sillage immédiat de la rentrée littéraire plutôt qu’en concurrence directe avec le Goncourt ou le Renaudot, dont les annonces s’étalent sur l’ensemble du mois de novembre.
- Textes inédits en français, 10 000 à 50 000 mots
- Candidature ouverte sans passer par un éditeur
- Déclaration obligatoire du modèle d’IA utilisé
- Dépôt du 20 octobre à fin novembre 2026
- Résultat et publication du manuscrit lauréat début décembre
Un jury emmené par Jacques Attali
La composition du jury, annoncée début novembre, doit compter cinq membres. L’écrivain Jacques Attali en assurerait la présidence pour cette première édition, aux côtés d’Alexandre Gefen. Le choix de confier ce rôle à des figures reconnues du monde des idées plutôt qu’à des spécialistes de la tech illustre l’ambition du prix : juger un texte comme un texte, et non comme une démonstration d’intelligence artificielle.
Un signal pour l’édition francophone
Le lancement du Prix Pascal intervient alors que d’autres distinctions voient le jour cette rentrée, comme le prix Alexandre Dumas consacré au roman historique, signe d’un paysage des prix littéraires en pleine recomposition. Pour l’édition francophone, ce prix pose une question simple mais inédite : où placer la frontière entre l’assistance technique et la création littéraire ? Les prochains mois, entre le dépôt des premiers manuscrits et la révélation du jury complet, donneront une première idée de l’ampleur du phénomène et du sérieux des textes soumis.
Questions fréquentes
Qui peut participer au Prix Pascal ?
Toute personne de l’espace francophone ayant écrit, seule ou avec l’aide d’une IA, un texte inédit de 10 000 à 50 000 mots peut candidater, sans qu’un éditeur soit nécessaire.
Quel modèle d’intelligence artificielle est accepté ?
Le règlement n’impose aucun outil précis : ChatGPT, Claude, Gemini, Mistral, LLaMA ou tout autre grand modèle de langage peuvent être utilisés, à condition d’être déclarés par le candidat.
Quand sera connu le lauréat ?
Les candidatures sont ouvertes du 20 octobre à la fin du mois de novembre 2026, pour une annonce du lauréat et une publication de son manuscrit prévues début décembre.
Ce prix n’est pas un cas isolé : il s’inscrit dans un mouvement plus large où la place de l’intelligence artificielle dans la création se pose dans de nombreux domaines, du texte à l’image. Il arrive aussi alors que la rentrée littéraire occupe encore le devant de la scène, entre premiers romans et grands noms. D’ailleurs, les premiers prix littéraires de la saison laissent déjà deviner les tendances des mois à venir. Certains auteurs, à l’inverse, prennent leurs distances avec les usages numériques : c’est le choix qu’a fait un écrivain publiant onze romans chez onze éditeurs pour ses adieux à la littérature, preuve que le rapport des auteurs à leur outil d’écriture reste très personnel. Plus largement, la question de savoir si l’intelligence artificielle peut aider au quotidien dépasse largement le seul cadre littéraire.
Sources
Livres Hebdo —
The Bookseller —
Bpifrance BigMedia
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale