Groupe de coureurs souriants courant ensemble dans un parc urbain au coucher du soleil, symbole du phénomène des run clubs en France
0 0
Temps de lecture :4 Minutes, 17 Secondes

Courir seul avec ses écouteurs appartient de plus en plus au passé. En France, la course à pied connaît une mutation profonde : elle devient collective, portée par l’explosion des run clubs, ces groupes de coureurs qui se retrouvent pour s’entraîner ensemble avant de terminer la séance autour d’un café ou d’un brunch. Un phénomène qui dépasse largement l’anecdote sportive et redessine toute une pratique.

13,2 millions de coureurs, un record historique

Selon l’Observatoire du Running, enquête de référence combinant plusieurs études dont le baromètre Finisher de la Fédération Française d’Athlétisme, 13,2 millions de Français ont couru en 2025, soit un million de plus qu’il y a cinq ans. Jamais la discipline n’avait rassemblé autant de pratiquants dans l’Hexagone. Le marché associé a progressé de plus de 20 % sur la même période, pour atteindre environ 1,5 milliard d’euros, dont 800 millions consacrés aux chaussures et 400 millions au textile et aux accessoires.

Pour Virgile Caillet, délégué général de l’Union Sport & Cycle (UESC), citée par cette étude, la course à pied a changé de statut : « Nous ne pouvons plus parler de phénomène de société, mais de norme sociale ». Une formule qui résume l’ampleur du basculement observé depuis la crise sanitaire.

Les run clubs, moteur d’une nouvelle sociabilité

C’est justement cette dimension collective qui structure la croissance récente. D’après les données Strava analysées par les experts du secteur, la création de run clubs a été multipliée par 5,2 en une seule année en France, et la fréquentation de leurs événements a bondi de 70 %. Contrairement aux clubs traditionnels affiliés à une fédération, ces collectifs fonctionnent sans licence ni logique de compétition : ils organisent des sorties collectives suivies de moments de convivialité, à l’image des cafés-running qui fleurissent dans les grandes villes.

Cette dynamique attire aussi les marques, qui voient dans les run clubs un formidable outil pour créer de la communauté, tester des produits et fidéliser leur clientèle. Résultat : la demande de dossards explose, y compris sur des courses locales ou caritatives, tandis que des studios spécialisés associent désormais course à pied, renforcement musculaire et coaching personnalisé.

Une communauté plus jeune et plus féminine

Le renouvellement générationnel est l’autre grande tendance de l’année. Parmi les nouveaux coureurs, 80 % ont moins de 35 ans et 44 % moins de 24 ans, selon l’Observatoire du Running. Plus frappant encore : 63 % des néo-pratiquants sont des femmes, un rééquilibrage confirmé par le Baromètre du Running 2026 de RunMotion Coach, mené en avril auprès de plus de 3 200 coureurs réguliers, où les femmes représentent désormais 44 % des répondants.

Cette même enquête dresse le portrait d’un coureur hyperconnecté : 98 % utilisent une application mobile, 97 % portent une montre GPS et 74 % suivent un plan d’entraînement structuré. Le budget annuel moyen consacré à la pratique atteint 1 138 euros, en hausse de 2 %, réparti entre inscriptions aux courses (505 €), équipement (428 €) et entraînement (205 €).

Des courses prises d’assaut

Revers de cette popularité : trouver un dossard devient un sport à part entière. Selon le Baromètre RunMotion, 60 % des coureurs déclarent ne pas avoir pu s’inscrire à au moins une course affichée complète, alors que plus de 90 % d’entre eux prévoient malgré tout de participer à un événement dans l’année. Route et trail se mélangent également de plus en plus : la moitié des coureurs pratiquent les deux disciplines, et 42 % ont changé de discipline au cours de leur parcours sportif.

  • 13,2 millions de coureurs en France en 2025, un record
  • Marché du running en hausse de plus de 20 %, à environ 1,5 milliard d’euros
  • Créations de run clubs multipliées par 5,2 en un an (données Strava)
  • 63 % des néo-coureurs sont des femmes, 80 % ont moins de 35 ans

Si la tendance se confirme, les run clubs pourraient devenir, au même titre que les salles de sport ou les clubs de sport et activités, un pilier durable de la sociabilité urbaine. Une évolution à suivre de près, notamment pour les acteurs locaux du loisirs et plaisirs qui voient dans ce format collectif un nouveau terrain d’animation, et pour les marques qui investissent ce terrain dans une logique de marketing digital communautaire.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un run club exactement ?

Un run club est un groupe informel de coureurs qui se retrouve régulièrement pour s’entraîner ensemble, sans licence fédérale ni objectif de compétition. La séance se termine souvent par un moment convivial, café ou brunch, ce qui distingue ces collectifs des clubs d’athlétisme traditionnels.

Pourquoi la course à pied progresse-t-elle autant en France ?

Plusieurs facteurs se combinent : un rajeunissement et une féminisation de la pratique, la démocratisation des montres connectées et applications de suivi, ainsi qu’une dimension sociale de plus en plus recherchée, portée par les run clubs et les studios spécialisés.

Est-il plus difficile de s’inscrire à une course aujourd’hui ?

Oui, selon les données disponibles : une majorité de coureurs réguliers rapportent avoir été confrontés à des courses complètes en 2026, signe d’une demande de dossards supérieure à l’offre sur de nombreux événements, notamment en ville.

Sources

Observatoire du Running 2026 (UESC / FFA)
Baromètre du Running 2026, RunMotion Coach
Décideurs du Sport, analyse des run clubs (données Strava)

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %
Personne écoutant un livre audio au casque dans les transports Previous post Le livre audio confirme son essor en France, porté par une nouvelle génération de lecteurs
Jeunes guépards dans un enclos naturel, programme de conservation d'un zoo français Next post Quatre bébés guépards nés au zoo de La Flèche grâce à un programme de conservation