L'ONU menace de jeter l'éponge sur le dossier du Sahara-Occidental
Mr Pierre Bonsang
Les Restos du coeur
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Vieux de vingt-neuf ans, l'interminable conflit du Sahara-Occidental n'est pas près d'être réglé. Au lendemain du jugement «pessimiste mais réaliste» émis mardi par Kofi Annan, le secrétaire général de l'ONU, Alger et Rabat polémiquent sur le sort de cette ancienne colonie espagnole revendiquée par le Maroc et que lui dispute le Front Polisario, soutenu par l'Algérie.
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Quatre options. C'est un nouveau rapport au Conseil de sécurité qui a relancé la controverse. «L'avenir du processus de paix au Sahara-Occidental est plutôt lugubre», a ainsi estimé Kofi Annan, suggérant que l'ONU mette un terme à onze ans d'efforts et de présence dans ce territoire quasi désertique mais riche en phosphates. Constatant le «blocage», il énumère les quatre options «non négociables» qui, à ses yeux, restent encore offertes: que le Conseil de sécurité impose un retour au référendum d'autodétermination, abandonné faute d'accord sur la composition du corps électoral; que le Sahara-Occidental devienne une province semi-autonome du Maroc solution qui a la faveur de Rabat et des Occidentaux; que les Nations unies mettent un terme à leur mission, ce qui implique le retrait des quelque 250 observateurs militaires... mais aussi un risque d'affrontements entre Alger et Rabat. Cela bloquerait en tout cas toute perspective d'intégration maghrébine et de relance de l'UMA (l'Union du Maghreb). Reste la quatrième option, la plus conflictuelle, qui a provoqué la levée de boucliers à Alger et à Rabat: un partage du territoire. Une solution que Kofi Annan a estimée «inutile de poursuivre, car s'il y a des indications que l'Algérie et le Front Polisario pourraient accepter de [le] négocier, le Maroc ne veut pas [en] discuter».
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Dès hier, le chef de la diplomatie marocaine, Mohamed Benaïssa, affirmait d'ailleurs l'opposition «catégorique» de son pays à un «plan dangereux, car il constituerait un précédent grave qui étendrait les conflits du nord de l'Afrique, de la mer Rouge à l'océan Atlantique». La veille, l'ambassadeur du Maroc à l'ONU avait, comme la plupart des journaux marocains, attribué à Alger la proposition de partage, qui «vise la création d'un micro-Etat sous la protection de l'Algérie, qui aspire à disposer d'un débouché sur l'Atlantique».
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Une arrière-pensée que l'Algérie a d'autant plus cherché à démentir qu'elle mettrait à mal son discours officiel, selon lequel elle n'a rien <?xml version="1.0" standalone="no"?> <!DOCTYPE svg PUBLIC "-//W3C//DTD SVG 20001102//EN" " à voir dans le conflit. Sa représentation à l'ONU a du coup assuré n'avoir jamais présenté d'initiative en ce sens. Elle dit vrai. C'est le président Bouteflika lui-même qui a sorti la proposition de sa poche pour la glisser à George Bush lors de leur dernière rencontre.
Ballon d'essai du pouvoir algérien ou initiative personnelle du chef de l'Etat algérien, qui aurait agi sans l'aval des généraux pour marquer des points dans un dossier particulièrement sensible? L'exaspération de Kofi Annan face au blocage a en tout cas lancé un pavé dans la mare.
